Cette carte a été dressée par l'abbé Léon Boudal, curé de Murol de 1890 à 1934. Il y a parfaitement représenté deux sites médiévaux à Varennes.
Cette carte a été dressée par l’abbé Léon Boudal, curé de Murol de 1890 à 1934. Il y a parfaitement représenté deux sites médiévaux à Varennes. © Collection particulière. Reproduction interdite.

Pourquoi un château ici, à deux pas de celui de Murol, à deux pas aussi de Chambon sur Lac, où exista également une construction féodale ?

Remontons le fil du temps et retrouvons Sidoine Apollinaire, évêque d’Auvergne en 471.
Il écrivait : « Je ne dis rien du charme particulier de ce pays, je ne dis rien de cet océan de blés dans lequel les ondes qui agitent les moissons sont signes de richesses. Les montagnes lui font une ceinture de pâturages à leurs sommets, des vignobles sur leurs coteaux, des fermes aux endroits cultivables, des châteaux sur les rochers ». Déjà au Vème siècle, un grand nombre de forteresses rurales étaient donc situées dans les montagnes et sur des hauteurs rocheuses.

En introduction, il nous faut citer Gabriel Fournier, lequel écrit dans la Revue d’Auvergne, tome 75 : « On sait qu’au cours des X-XIèmes siècles, apparut et se répandit en Occident un nouveau type de forteresse, caractérisé par la présence d’une motte, c’est à dire d’un tertre tronconique construit en terre rapportée… Durant le Haut Moyen Age, on avait passé des forteresses des époques mérovingiennes et carolingiennes, qui souvent de grandes dimensions et aux contours lâches, étaient restées dans la tradition des oppida celtiques, au château à motte qui, avec sa superficie plus réduite, son plan plus resserré et plus cohérent, est le prototype du château des derniers siècles du Moyen Age ».

L’apparition, la multiplication de ces mottes castrales, le développement de la féodalité, ces seigneuries étroitement imbriquées les unes dans les autres résultent de l’affaiblissement du pouvoir central, mérovingien d’abord, puis carolingien à la fin du Xème siècle.
Développement de l’insécurité, besoin de protection des populations : ces mottes castrales, ces petits châteaux étaient pourvus de loges pouvant accueillir la population en cas de risques.

Un château ici à Varennes ? Non, pas un, mais deux ? !!! Car, nous promenant sur le chemin de crête qui longe d’un côté La Dent du Marais, vestige d’un volcan ancien, de l’autre les prés surplombant le village de Beaune le Froid, nous trouvons les lieux-dits « La Garde de Varennes », puis « Varennes ». Descendant ensuite vers le lac Chambon, nous trouvons « La Mouta », la motte, et enfin un peu plus bas, la motte castrale avec les vestiges d’une construction féodale, objet de nos soins aujourd’hui. Deux mottes, deux constructions ? !!!

Jean Paul Pasdeloup
En charge de l’Histoire
au sein de Varennes en Mouvement,
avec l’aimable autorisation de Gabriel Fournier et de Pierre Charbonnier